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Turons 1951 : “Une page s’est tournée, et parfois cela peut faire du bien.”

Il y a 1 ans, le groupe de supporters Turons 1951 fêtait ses 5 ans d’existence lors d’une lourde défaite 4-0 contre le Nîmes Olympique, à la Vallée du Cher. Une saison et une relégation plus tard, les représentants des Turons 1951 ont accepté de répondre à nos questions pour faire le point.

turons intro

Tout d’abord, quelle est la situation actuelle et l’état d’esprit des Turons 1951 ?

Turons 1951: « On ne va pas le cacher, la situation n’est pas la meilleure que nous ayons connu, et de loin. On se dit qu’on doit peut être passer par là pour devenir encore plus soudés. On se remonte le moral de cette manière.

Nous sommes un groupe de supporters encore jeune (créé le 23 mars 2012), et après plusieurs années de disette pour le club, il est évident que c’est difficile pour nous.

On voit que le stade est vide depuis longtemps. La seule solution est de surfer sur un nouvel engouement – la remontée immédiate – pour remotiver tout le public tourangeau, et pas seulement notre groupe. »

2017-2018: Retour sur une saison cauchemardesque

Quels ont été pour vous le(s) pire(s) moment(s) de la saison 2017-2018 ?

Turons 1951: « La saison a été très longue pour tout le monde. Il y’a eu plusieurs moments particulièrement difficiles, en particulier la défaite à domicile 4-0 contre Nîmes où nous avions fêté nos 5 ans d’existence avec une belle fête qui tourne au cauchemar.

Dès janvier, nous savions au fil des matchs que la descente se profilait, donc la fin de saison a été particulièrement dure.

Tout cela sans compter les interdictions de stades aberrantes, qui touchent d’ailleurs tout le mouvement ultra.

Il faut savoir garder la tête haute dans ces moments difficiles, là où beaucoup auraient lâché. »

turons repression

Et les bons moments? 

Turons 1951: « Les bons moments se comptent sur les doigts d’une main, vu la saison catastrophique que nous avons vécu.

Paradoxalement, le début du match contre Nîmes (ndlr: défaite 4-0) avec le plus gros tifo jamais confectionné à la Vallée du Cher, reste comme un des meilleurs moments de notre saison.

On pense également aux déplacements en Coupe de France où nous avions réussi à mettre une belle ambiance, et surtout aux événements entre membres (barbecues, sorties en festivals de musique, soirée de noël, etc…). »

De manière générale, en tant que groupe de supporters, comment avez-vous vécu la saison dernière et la relégation à la fin de la saison ?

Turons 1951: « Beaucoup de tristesse, de frustration, de colère, et d’incompréhension vis à vis du club qui s’enlisait dans l’incompétence au fur et à mesure des saisons. C’est avant tout un sentiment de gâchis qui prime.

Nous avons vécu une saison qui n’en finissait pas, et malgré tout ça, il faut trouver des signes positifs: pour beaucoup c’est la nostalgie qui revient avec un retour en National, là où tout a commencé en tant que supporters du club pour certains.

C’est un nouveau cycle qui commence, et une page qui se tourne. On réalise que nous aurions pu tomber encore plus bas avec une rétrogradation financière, mais le club a tenu bon. »

Vous avez été interdit de déplacement pour la finale de Gambardella. Quel est votre sentiment par rapport à cette décision ?

Turons 1951: « Des regrets, on était prêt à venir au stade de France (certains ont réussi à y’aller malgré tout), mais le club avait porté plainte contre des fumigènes allumés lors des quarts de finale remportés contre Toulouse. C’était une belle fête pour la vingtaine de présents avec les jeunes du club pourtant. »

Relation avec le club

Vous demandiez en 2017 le départ de Fabrice Bertone, souhait finalement exhaussé un mois plus tard. Comment jugez-vous Franco Torchia, son remplaçant ?

Turons 1951: « Oui, on était en colère le soir du match contre Nîmes, où, grâce au nombre, cela avait eu plus d’impact. En fin de match, le président Ettori était venu à notre tribune en pleurant, et en acquiesçant nos dires.

Concernant Torchia, il est encore trop tôt pour se prononcer, mais on voit que ça ne chôme pas cette fois-ci sur les recrues. On n’a jamais autant recruté !

En tout cas, nous avons plus confiance en Franco Torchia qu’en son prédécesseur, et ce dès sa signature, au vu son passif au Mans. »

turons ettori

Comment se passent les relations avec le club, la direction, et avec les joueurs ?

Turons 1951: « La situation n’a pas évolué avec le staff et les dirigeants. Ils font “bloc sur la restructuration du club” et “après on discutera”, selon les dires du club.

Avec les joueurs, il y’a eu dans le passé des rencontres à l’entrainement, où nous débarquions à une vingtaine pour leur demander des explications ou pour les pousser avant un gros match. C’est intéressant, car il n’y a pas de caméras autour. On saisi l’instant au vif, avec des discussions sans tabou.

Nous aurons l’occasion de refaire ça cette saison, avec les joueurs. Par ailleurs, nous sommes assez proches de Rodéric Filippi, un vrai bon gars qui a des valeurs que l’on partage. »

Êtes-vous satisfait du soutien apporté par le club au groupe ?

Turons 1951: « On reste indépendant, donc à part les soucis logistique que l’on peut rencontrer –  comme la mise en place en tribunes ou la mise en ligne du service billetterie de notre tribune : « ¼ de virage 23-25 » –  on ne demande rien d’autre.

On aimerait simplement travailler avec la direction sur une communication plus ouverte, afin que les gens soutiennent le club et viennent dans notre tribune ! »

La saison 2018-2019

L’équipe a été complètement renouvelée par la force des choses. Comment jugez vous le recrutement pendant l’été ?

Turons 1951: « M. Lobello a un discours cohérent sur le football et s’exprime bien. Cela nous change des précédents entraineurs. L’équipe et les joueurs recrutés ont également l’air en accord avec ses principes de jeu.

Norredine El Ouardani est vraiment au top, mais il n’avait pas le diplôme requis pour continuer, ce qui est dommage. Il fait un énorme travail auprès des jeunes, donc cela lui donne encore plus de crédits pour la suite. »

Quelles sont vos attentes pour cette saison ? Du point de vue sportif, mais aussi du point de vue du club.

Turons 1951: « Nous souhaitons vivre une saison pleine d’envie, de bons résultats, et d’améliorations au sein du club.

Nous sommes l’un des plus gros clubs de ce championnat, il est donc important que l’on se respecte et que l’on montre une belle image de notre équipe. On est sur la bonne voie pour l’instant.

Du côté du club, déjà le terrain ne fait pas honneur à notre stade. On espère que la situation va s’améliorer. Le toit en tribune nord va également faire défaut cette saison dès que le temps sera moins clément.

Il manque également des food trucks autour du stade, pourtant présents dans beaucoup de clubs afin d’avoir une ambiance d’avant-match, où les gens ne viennent pas uniquement à un « spectacle ». Il faut de la convivialité, car actuellement, cela reste trop froid, trop protocolaire. »

L’ambiance à la Vallée du Cher était déjà calme depuis plusieurs saisons. La descente en National a t’elle changé quelque chose à l’ambiance dans le stade ?

Turons 1951: « Bien sûr. Une descente n’est jamais agréable à vivre. On a été présent et en particulier lors des maintiens successifs, mais à un moment, les gens n’adhèrent plus, c’est normal. On n’est pas « maso » et on voyait bien que quelque chose n’allait plus dans le club.

Venir le vendredi à la Vallée du Cher était devenu un chemin de croix ! Les gens faisaient la gueule, et se demandaient ce qu’ils venaient faire ici. Du point de vue du groupe qui a mangé son pain noir depuis 2012 avec un groupe jeune, il était forcément difficile de faire bloc.

Le public en général reviendra. Mais pour l’instant, les gens jaugent l’équipe et la restructuration du club, pour voir si cela évolue dans le bon sens. »

turons

Un petit mot pour convaincre les autres supporters d’adhérer au groupe ?

Turons 1951: « Beaucoup de supporters attendent le déclic pour nous rejoindre, ou n’osent pas venir car ils ne connaissent personne dans le groupe. Il y’a aussi ceux qui veulent qu’on soit en Ligue 1 pour rejoindre le kop.

Malheureusement, aujourd’hui le côté «populaire » se perd là où, auparavant, on se décarcassait pour aller supporter son club. On est maintenant face à une autre génération qui ne veut pas se prendre la tête et qui supporte des grands clubs avec des résultats.

L’engouement et l’attachement à un club se créent sur plusieurs années, et plus facilement dans un club ou il y’a des résultats. C’est un fait. Nos divers déplacements et rencontres nous ont beaucoup appris sur cette réalité.

Mais il faut passer au-delà. Nous avons vécu pas mal de choses, et nous avons un sentiment de fierté quand on voit toutes les animations, et autres déplacement que nous avons organisé à notre humble niveau, même si rien n’a été facile, et que nous sommes parti de rien. L’expérience fait qu’on a progressé, et on espère vivre d’autres bons moments même si les temps sont durs pour le football en Touraine. »

Comment voyez-vous l’avenir pour le club, et pour les Turons ?

Turons 1951: « On le voyait très sombre il y’a peu, dans toutes les composantes du club. Rien n’est encore gagné, et ne pas remonter de suite en L2 n’arrangera rien.

Le club le sait, et avec nos faibles moyens, on espère réellement autre chose que tout ce que l’on a vécu jusqu’à présent. Une page s’est tournée, et parfois cela peut faire du bien. »

Contact Turons 1951 :

Site : http://turons1951.e-monsite.com/

Twitterhttps://twitter.com/Turons1951

Facebook : https://www.facebook.com/TURONS1951/

E-mail : turons1951@yahoo.com

Merci aux Turons 1951 d’avoir répondu à nos questions.

2 Commentaires

  1. Vous avez eu bien du mérite…dans ce marasme !
    A part l’époque Delort, c’est la misère ! Tout le monde en a ras la casquette !!!!

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